Psaume 44 : suivi de La Mansarde

Publié le par Olivia

Psaume 44 : suivi de La Mansarde
Auteur : Danilo Kis
Traduction : Pascale Delpech
Editeur : Fayard
ISBN : 9782213702308
Date de parution : 19/04/2017
Nombre de pages : 324
Collection : Littérature étrangère
Genre : Roman/Textes poétiques

Présentation :

« Il se chuchotait depuis quelques jours déjà qu’elles tenteraient de s’évader avant l’évacuation du camp, d’autant que, cinq ou six nuits plus tôt, on avait entendu pour la première fois le grondement des canons dans le lointain. Mais la rumeur était retombée – du moins lui semblait-il – depuis que trois femmes, parmi lesquelles se trouvait Erzsike Kohn de leur chambrée, avaient été fusillées sur les barbelés.Tout ce que Maria pouvait faire, c’était donc tendre l’oreille au bruit des canons et attendre que quelque chose se passe. »

Paru à Belgrade en 1962, Psaume 44 raconte le projet d’évasion de Maria, une jeune femme prisonnière d’un camp de concentration allemand. Le récit suit le cours de ses pensées dans les heures qui précèdent sa fuite. Premier ouvrage et dernière oeuvre inédite en France de Danilo Kiš, publié ici avec La Mansarde (Grasset, 1989), écrit à la même époque, Psaume 44 est un roman saisissant qui éclaire et complète la connaissance de l’oeuvre de cet écrivain majeur du XXe siècle.

Mon Avis :

Psaume 44 :

Ce roman est une fiction racontant l'évasion de deux femmes du camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau pendant la seconde guerre mondiale.

Au début, c'est un groupe de trois femmes qui rêve de s'évader, mais l'une d'elle, Polia décède de la malaria. Ainsi Zhana et Maria projettent de s'évader avec l'aide d'un allié, un homme de l'ombre qui se fait appeler Max. Jakob, l'amoureux de Maria, aide les nazis dans leurs expériences, mais à contre-coeur. 

Le récit est axée plutôt sur la romance entre Maria et Jakob ainsi que la naissance de leur fils dans le contexte de cette guerre. Les faits progressent petit à petit durant la nuit de l'évasion avec des morceaux des souvenirs de Maria (sa rencontre avec Jakob, la naissance de Jan et de son passé). Elle livre ses sentiments, ses émotions et ses impressions. La fin du roman est très touchante.

La Mansarde : 

Ces textes sont une caricature de l'amour, de la recherche du véritable amour ou voir de l'amour idéal.

Orphée, le narrateur, rêveur et aventurier et son complice Bouc le sage, plutôt cynique, pratiquent la philosophie, l'astronomie et sont férus de littérature. Orphée recherche le meilleur amour possible, l'amour parfait. Il vit dans une mansarde toujours accompagné, entre autres, de son imagination et de ses rêves.

Les situations sont burlesques et la plume de l'auteur est satirique. Orphée écrit des chansons, des poèmes, joue d'instruments de musique et compare son terrain de chasse à une terre d'aventure et de révolte pleine d'exotisme. Il aime écrire pour se libérer de son égoïsme.

Les dialogues entre Orphée et ses acolytes sont percutants, par exemple, quand Orphée annonce qu'il veut écrire un poème dont le thème est  : - Histoires des avortements de Marie dite la Chaste, roman sur les causes socio-historiques, matérielles, (a)normales, ethniques et éthiques de sa déchéance, de ses espérances, roman de la ville en démence.

Enfin, je peux dire que j'ai trouvé cet ouvrage spécial surtout pour la seconde partie. En ce qui concerne Psaume 44, j'ai été très émue et pour La Mansarde, j'ai très apprécié le lyrisme de Danilo Kis. Je suis ravie d'avoir découvert cet auteur très connu dans son pays. Une oeuvre intéressante et originale !

Mon dernier mot sera ces citations :

(Psaume 44) :

- Et elle avait pensé : "l'espoir n'est pas dans mon coeur, entre mes mains. Tout mon espoir est dans vos mots, dans vos yeux." Peut-être même avait-elle déjà pensé : "Dans tes yeux" car on ne dit pas "vous" à propos d'un sentiment aussi intime - mais, bien sûr, elle n'avait rien dit de semblable. Elle avait seulement haussé les épaules : "Je ne sais pas" avait-elle dit. Puis elle avait marmonné : "perdre espoir, peut-être une seules fois."

(La Mansarde) :

- Nos vêtements étaient suspendus à des crochets fixés au plafond, en plein milieu, à l'endroit où se trouvait le vagin de Vénus, très nettement dessiné en forme de coquillage et d'algues par l'imagination prodigieuse de l'humidité. A ces crochets enfoncés dans la chair de Vénus pendaient les pantalons de velours noir de Bouc le sage et mes cravates noires, environ deux cents. A un autre clou pendait une poche en plastique dans laquelle se trouvaient nos brosses à dents, notre cirage, notre pommade et notre nécessaire à raser dans un coin ou au milieu de la pièce (en fait, il n'avait pas de place bien fixe), il y avait un vieux rocking-chair.

Quelques mots sur l'auteur : 

Danilo Kis (1935-1989) est né à Subotica, il est le fils d'un père juif hongrois et d'une mère du Monténégro. 

Publié dans NETGALLEY FRANCE

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