Même les belles LUMIERES s'éteignent

Publié le par Olivia

Même les belles LUMIERES s'éteignent
Auteur : Hygnas Embvani
Editeur : Chiado Editeur
Date de publication : Octobre 2016
Nombre de pages : 504
ISBN : 978-989-51-7513-0
Collection : Voyages dans la Fiction
Genre : Roman

Synopsis :

« Même les belles lumières s’éteignent » ou Le voyage sans retour d'un étudiant Noir qui établit une véritable osmose entre le réel et l'imaginaire est aussi l'histoire d'un destin brisé, celui d'un jeune génie à qui la vie avait fait don de ce qu'elle avait de plus fertile. Après avoir vacillé entre certitudes et désillusions, entre fidélité à des idéaux et déceptions, Jimmy qu'une odyssée a conduit depuis le Congo, vers la Bulgarie, avant d'échouer sur les rives de la Seine à Paris, avait traversé le temps, - le sien -, avec le sentiment de n'avoir pas su apporter à sa mère le trophée que celle-ci attendait de son fils.

Tour à tour, étudiant ingénieux, guitariste talentueux, chanteur émérite et parfois tout cela à la fois, le jeune homme avait entrepris un long voyage fait de découvertes et de succès, presque jamais d'échecs. Celui qui n’avait jamais su donner un sens à l’amour, dans sa relations aux femmes, avait vécu de nombreuses expériences riches d'enseignements, – dans des pays idéologiquement aux antipodes les uns des autres – où les propagandes institutionnelles avaient souvent conditionné le citoyen, l’empêchant de percer le secret de ce que le jour reprochait à la nuit, et réciproquement.

Dans l’immensité d’une vie tumultueuse et insondable, réussissant à reconstruire un itinéraire qu’il avait dans un premier temps, involontairement détricoté, il restera dans la mémoire collective de tous ceux qui l’ont connu puis idolâtré, celui qui a gagné toutes les batailles de sa vie. Mais avait-il pourtant triomphé de la plus noble de toutes les guerres, celle qu’un jeune « soldat » noir se doit de gagner pour partager son bonheur avec les siens ?»

 

Mon  Avis :

Au début, nous sommes en 1976. Jean Gambara dit Jimmy est un étudiant très instruit congolais qui part en Europe avec une bourse d'études, après avoir obtenu la meilleure note au baccalauréat. Jimmy parle l'anglais et le bulgare. Les congolais désignent l'Europe comme le Paradis. Jimmy est promis à un brillant avenir et compte revenir au pays après avoir obtenu son diplôme d'ingénieur en électronique à l'université technique de Varna en Bulgarie. 

L'auteur revient sur le passé de Jimmy, au collège à Djambala, sur ses espoirs et ceux de sa famille. Jimmy arrive à destination et étudie en Bulgarie mais cela ne se passe pas comme il l'avait prévu. Bien qu'il soit un étudiant brillant, le racisme le rattrape et il est obligé de fuir ce pays et d'abandonner ses études pour assurer sa sécurité. Sa vie va prendre un virage inattendu et sera fracturée par beaucoup de déceptions, c'est une longue route qui l'attend avant d'atteindre son but.

L'auteur, Hygnas Embvani, nous en apprend sur la politique du Congo et fait le rapprochement avec les événements et les personnages du roman. Il écrit sur l'inaction des autorités envers les violences dues au racisme, du sentiment de culpabilité des étudiants de décevoir leurs familles restées au pays, du franchissement des frontières, des contrôles, des arrestations, des difficultés dues à la couleur de peau et aux préjugés, de la descente aux enfers quand on est clandestin, sans ressources et des difficultés d'hébergement, des mauvaises rencontres et des moyens de survie... 

Ce sera un très long voyage de plusieurs années pour ces étudiants congolais et leur destin en sera brisé.

Le style de l'auteur est authentique et juste. Même les belles lumières s'éteignent est un livre qui m'a profondément bouleversée avec des personnages qui nous emmènent dans leurs émois. A découvrir ! 

 

Mon dernier mot sera ces citations :

- "Un homme ne pleure pas."

Sur la route du retour elle avait marché en se retournant régulièrement comme si elle entendait des voix, comme si ses oreilles enregistraient périodiquement le son de la voix de son fils qui l'appelait. Elle était sans doute rattrapée par un passé pas si lointain, où le jeune Jean parfois sans l'avertir, la suivait sur le chemin des champs et ne lui annonçait sa présence derrière elle qu'en criant, "Maman ! Maman ! Maman !"

- Après le coup d'Etat d'octobre 1972 dirigé par Kérékou, le Dahomey était devenu la République Populaire du Benin. Une nouvelle ère de coopération avait vu le jour entre ce pays et les pays socialistes. Pour former des cadres qui allaient conduire à la "destinée révolutionnaire" du Bénin, ces pays du bloc de l'Est, et c'était leur politique, octroyaient des bourses d'études à de nombreux élèves béninois. Comme à toutes les rentrées universitaires depuis 1973, un nombre important d'entre eux partaient pour l'URSS ou l'un de ses satellites.

 

Quelques mots sur l'auteur : 

Auteur de romans  dont « Le père, le fils et Marie (2009) », « Fidel Castro, sa victoire inattendue  face à l’Amérique (2011) » et « Les douleurs d’une mère(2012) », Hygnas EMBVANI est aussi un professionnel de l’emploi et de la formation professionnelle, acteur de l’intermédiation active entre l’offre et la demande de travail. 

Source : https://www.chiadoediteur.com/auteurs/hygnas-embvani

 

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