Les simples prétextes du bonheur

Publié le par Olivia

Les simples prétextes du bonheur
Auteure : Nahal Tajadod
Editeur : JC Lattès
Date de publication : 24/08/2016
Nombre de pages : 400
ISBN : 978-2-7096-4769-4
Collection : Littérature française
Genre : Roman

 

Synopsis :

« Maintenant elle sait que le bonheur est vagabond, fait de tout petits instants, provoqué, peut-être, par des inconnus. »

 

Cécile Renan est une femme singulière. Elle est riche et splendide. Mais cette bonne fortune s’accompagne d’un frisson secret et tenace. Elle a peur de tout perdre, de se perdre, de traverser la vie tout en marchant à côté d'elle-même. Un jour, elle pousse la porte d’une épicerie iranienne à Paris. Que cherche-t-elle ? Elle l’ignore. Mais elle se lie avec le patron et sa famille délurée, fantasque, qui n'ont rien à lui refuser. Ils bouleversent la vie de Cécile et se laissent éblouir par elle.

 

Nahal Tajadod nous plonge dans un univers loufoque, oriental, où une femme française, se faufilant entre deux mondes, part à sa propre reconquête.

 

Mon Avis : 

 

Cécile Renan est fiancée à Alfonso de Talavera, un espagnol richissime et éleveur de purs-sangs. Cécile est parisienne et une actrice très connue et fortunée connaissant des artistes, des ministres et même le président de la République en personne. Un jour, elle se rend rue des Entrepreneurs dans une épicerie iranienne pour retrouver "son médecin urgentiste iranien" qui a réussi à soulager ses maux lors d'une de ses crises de douleurs aiguës. Kamal de Jakamir l'épicier est résident temporaire et habite à Paris avec sa femme Jaleh qui s'entraîne pour le Marathon et son fils Amir qui veut devenir président de la République quand il sera grand d'où Jakamir, le nom de leur épicerie. 

 

Cette famille est envahissante mais aussi bienveillante et va s'introduire dans la vie de cette femme célèbre et très connue. Ils vont se soucier de Cécile, d'abord du fait de leur façon de vivre et de leur attachement aux autres et aussi pour Kamal, une dame aussi connue dans son épicerie en épatera plus d'un, surtout ses concurrents, les autres commerçants de son quartier. D'ailleurs, il ne manquera pas une seule occasion de distribuer la carte de visite de son épicerie et c'est souvent très drôle. 

 

Le contact avec eux sera comme un baume apaisant pour Cécile, bien plus efficace que toutes les pilules qu'elle peut avaler contre ses absences, ses angoisses et ses douleurs. La communauté iranienne va se révéler chaleureuse, adorable, ayant l'esprit de sacrifice et plutôt loufoque.

 

A un moment, croyant à une percée de lucidité, elle décide de prendre ses distances, et pendant ce laps de temps, elle se retrouve à l'aéroport de Roissy sans papier et sans argent avec un portable sur le point de se décharger complètement. Après avoir essayé sans succès de se rendre au Brésil pour retrouver son fiancé, idem pour rentrer à son domicile, elle pense à Kamal, elle l'entend encore lui dire dans sa boutique : "Kamal peut tout arranger." Elle lui raconte en quelques mots sa mésaventure et il lui répond : " Mâdâm, il suffit que je détourne mon visage de vous et, tataragh, vous tombez dans un puits. Quel aéroport ? "  Elle lui répond et il lui envoie aussitôt Arash. 

 

Ainsi, bien qu'étant fortunée, la vrai richesse Cécile l'a trouvera auprès de cette communauté iranienne très sympathique qui se soucie des uns et des autres et pas seulement envers leurs semblables mais aussi envers elle, une française. Sa vie s'en trouvera transformée et elle va découvrir la joie d'aider autrui à son tour.

 

Je me suis attachée aux personnages qui sont très sympathiques et affectueux. Ce livre donne une leçon d'humanité, j'ai été très touchée en plus d'avoir ri des situations cocasses et des dialogues plein d'humour. 

 

Tous les moments de joie et de réconfort découlent des fréquentations de personnes issues de milieux différents. Les simples prétextes du bonheur est un roman qui se révèle une vraie bouffée de fraîcheur, une lecture que je vous conseille absolument.

 

 

Mon dernier mot sera ces citations :

 

- La question semblait appropriée. Qu'est-ce qu'il lui arrivait au juste ? Elle a envie de répondre : "Que du bien !" Le hasard, l'apparition ou la venue d'un urgentiste, l'a déposée sur le chemin de tout un petit monde. Ils n'avaient pas demandé à la rencontrer. C'est elle, au contraire, qui est allée vers eux, et depuis ce moment il lui semble, touchons du bois, que ce nodule qui résistait aux haïkus, aux gurus, aux jets, aux déclarations d'amour en hébreu et en arabe, tend lentement à disparaître. Oui, elle reste encore fragile. Pourtant, ces petits moments de bonheur - elle ose, enfin, employer ce mot banni de son vocabulaire - sont là, palpables, réels, concrets. Elle ne rêve pas. Elle a accompli un pas de géant.   

 

- Vous savez, mâdâm, un jour sans poésie est un jour sans soleil.

 

- Elle que tous les yeux regardaient, elle commence à voir les autres, à les voir en détail, à entendre leur voix. Jusque-là, ils n'étaient qu'une brume confuse, une mêlée d'où surgissait parfois un nom, mais ce qui se cachait dans cette confusion, dans ce brouillard, elle n'en percevait que des échos lointains, obscurs.

 

 

 

Quelques mots sur l'auteure : 

 

Nahal Tajadod est née à Téhéran. Elle a écrit  une superbe biographie de Roumi, et deux romans, Passeport à l’iranienne et Debout sur la terre, publiés aux éditions JC Lattès. Le dernier, Elle joue, est inspiré de la vie de l’actrice iranienne Golshifteh Farahani.

 

Source : http://www.editions-jclattes.fr/nahal-tajadod

 

Publié dans MYBOOX

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