Fils du feu

Publié le par Olivia

Fils du feu
Auteur : Guy Boley
Editeur : Editions Grasset
Date de parution : 24 août 2016
Nombre de pages : 160
ISBN : 978-2-246-86211-6
Genre : Roman
 

Résumé de l'éditeur :

Nés sous les feux de la forge où s’attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l’un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d’un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ? Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu’il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu’on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d’exister.
Dans une langue splendide, Guy Boley signe ainsi un premier roman stupéfiant de talent et de justesse. 

Mon Avis : 

La couverture représente bien la lumière du fer incandescent frappé sur l'enclume illuminant la forge de ses milliers d'étincelles et le personnage principal racontant son histoire.
Le récit se déroule dans une petite ville d'ouvriers dans les années 50-60, les femmes s'occupent de la maison, elles font la cuisine, elles lavent le linge à la main, elles déplument la volaille, le père du narrateur est ferronnier d'art et les enfants vont à l'école.
Le personnage principal est le narrateur. Au début, c'est avec ses yeux d'enfant qu'il raconte l'histoire de sa vie de famille et la beauté de la forge où travaille son père et son collègue qu'il considère comme des héros apprivoisant le feu.
C'est l'un des fils de cette famille dont la grand-mère vit sous leur toit. Il perçoit ce monde comme légendaire peuplé de personnages mythologiques. Un clin d'oeil pour l'histoire du Hussard et de son cheval qui l'a émerveillé et qu'il vécu comme une révélation. 
Soudainement survint un drame, son petit frère décède, l'admiration qu'il voue à ce monde cesse et ce tragique événement entraînera un véritable désordre dans leur vie. Son héros paternel trouvera refuge dans le vin, sa pauvre mère effondrée sombrera dans une tendre folie, elle trouvera refuge dans le déni face à la perte de sa chair et de son sang. Sa soeur partira. Son petit frère à la fois mort et vivant n'arrêtera pas de grandir, d'aller à l'école, jusqu'à entrer à l'université. Ce qui m'a le plus ému c'est son assiette chaude de purée-jambon posée à table devant sa chaise chaque jour pendant des années et sa mère l'appelant pour venir dîner avant que l'assiette refroidisse.
L'auteur, Guy Boley, m'a ravie avec ce récit, c'est un amoureux de la littérature et de la langue française, sa plume est superbe et poétique. Il m'a transportée et je vous invite à découvrir ce livre Fils du feu. J'attends avec impatience son prochain roman. 
 

Mon dernier mot sera ces citations :

- Jacky était un mystère. Un mystère de chair, de sang, de muscles et de silence. Pas un de ces mystères évangéliques façon Résurrection, Annonciation, ou sainte Trinité, que l'on crée pour asservir les masses et qu'élucident en quelques phrases dogmatiques pour une foule un peu rustre de quelconques hiérophantes aussi rusés que fourbes. Non, Jacky était un vrai mystère. Un taiseux taciturne au visage sans lumière. Un humain sans parole. Un grand sac de secrets. Ma première statue grecque. Mon premier grand amour.

- Elle ignorait la pauvre - mais le grand âge a ses faiblesses - qu'elle ne faisait qu'obéir aux fantômes du passé qui l'avaient mise au monde entre deux cuisses de viande, dans le sang, la douleur, le placenta, les cris, et qu'elle n'était plus alors que la suite logique de ces peaux de grenouilles qui pendaient à côté du seau et de ces regards vides qu'avaient sur le muret toues ces têtes entassées.

- Allez-y, Marguerite, j'aime quand vous riez.  Marguerite-des-Oiseaux, allez-y et riez. Riez, riez, riez, Marguerite-des-Oiseaux ! Riez comme un goret, riez comme une crécelle, riez comme une folle puisque votre fils est mort. Il faut bien que toutes les horreurs du monde enfantent des printemps si nous voulons durer au-delà du chagrin. 

 A la découverte de l'auteur :                                                                                                                                                                                                                    

Guy Boley vient de remporter le Prix Georges Brassens pour son roman !

Guy Boley est né en 1952, il a été maçon, ouvrier d’usine, chanteur des rues, cracheur de feu, acrobate, saltimbanque, directeur de cirque, funambule à grande hauteur, machiniste, scénariste, chauffeur de bus, garde du corps, et cascadeur avant de devenir dramaturge pour des compagnies de danses et de théâtre. Il compte à son actif une centaine de spectacles joués en Europe, au Japon, en Afrique ou aux États-Unis. Fils du feu est son premier roman. 

(Source : site de l'éditeur)

 

Publié dans MYBOOX

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