2710 JOURS

Publié le par Olivia

2710 JOURS
Auteur : Lucien Violleau (1916-2003)
Editeur : Les Archives Dormantes
Date de publication : septembre 2016
Nombre de pages : 288
ISBN : 979-10-95897-02-6
Collection : littérature de l'intime
Genre : carnets de guerre

 

Quatrième de couverture :

Lucien Violleau

2710 jours

 

"Les femmes sont en pleurs dans les rues de Montoire. La mobilisation générale est prévue pour le soir. Les affaires extérieures semblent indécises. J'ai l'impression qu'on ne peut pas avoir la guerre et je n'ai pas le cafard. Il me semble que ce n'est qu'une période critique qui passe. Pourtant les sacs sont faits, le reste du paquetage a été rendu dimanche midi et on n'attend que l'ordre du départ."

 

Lucien, cultivateur vendéen, a vingt et un ans en 1937 lorsqu'il est appelé sous les drapeaux pour son service militaire. Alors que celui-ci touche à sa fin, la France déclare la guerre à l'Allemagne et le jeune homme part au front. Rapidement fait prisonnier, il ne rentrera chez lui qu'en 1945.

Durant ces huit longues années, Lucien Violleau tient un journal intime auquel il confie son quotidien mais aussi sa perception de la situation internationale.

Ce texte inédit et authentique a miraculeusement été conservé.

 

Mon Avis : 

La famille de Lucien Violleau a conservé ses carnets de guerre, puis en 2015, son petit-fils, Damien Pouvreau met en scène les mémoires de son grand-père dans un spectacle intitulé "2710 jours de ma jeunesse". 2710 jours est aujourd'hui publié à titre posthume.

Au début, Lucien résume les journées ou les semaines dans un style plutôt abrégé, puis, petit à petit, il se met à écrire à la première personne. Les textes de ses compte-rendus sont plus longs, plus personnels et plus intimes. Il donne davantage de détails sur son point de vue et ses sentiments sur sa captivité. 

Lucien écrit aussi d'une manière précise sur les différents événements qu'il peut lire dans les journaux (quand ils ne sont pas supprimés) et entendre à la radio (quand elle n'est pas confisquée). 

Il appelle les boites de conserve de corned-beef, les boites de singes. Il nomme les cachets d'aspirine des pralines dentaires qui ne font aucun effet. Le Heil Hitler, il le baptise le cri à la mode. La folie ! Il emploie l'expression Les Chleux Macaronis, "la pelote" pour la fouille au corps, aller chanzer pour faire les tranchées anti-chars...

Donc, Lucien livre sa vie intime et la situation dans les camps de travail, ses relations avec les prisonniers, les gardes, les sentinelles, les conditions dans les différents stalags où il est conduit, les rapports avec ses différents "employeurs" et les conditions de travail à la carrière, la ferme... Les faits divers des alentours, la gentillesse de certains civils allemands, le manque de soins médicaux, la nourriture insuffisante, la faim, le froid, les retards, les pertes et les vols des courriers et des colis, les injustices, les privations, le découragement, le désespoir, la tristesse, l'espoir, la caravane, les canons, les conditions de la libération... Les textes sont captivants. Lucien éprouve de la compassion pour les autres prisonniers, il se soucie d'eux, c'est un grand homme.

De plus, j'ai très apprécié les poèmes ou chansons de Lucien qui relatent la vie au régiment et dans les camps.  Voici un extrait de celui qui s'intitule :

Au revoir petit cahier, ou adieu...

" Pauvres parents, vous qui m'avez élevé,

Et que, à présent, vous me voyez plongé dans l'abîme,

Quelle douleur allez-vous en éprouver

Si le devoir fait de moi, une victime !

 

2710 jours est un puissant témoignage de guerre, un véritable trésor historique que je vous invite à découvrir ! 

 

Mon dernier mot sera ces citations :

- J'en ai, soi-disant, pour trois semaines à l'hôpital, je ne suis donc pas mobilisable pendant ce temps-là, c'est toujours autant à être à l'abri du danger et des souffrances. Mais après la sortie de l'hôpital, il faudra y aller sur le front, peut-être pour augmenter le nombre des tués !

- A présent c'est la guerre. Combien la cruelle catastrophe du 3 septembre 1939 va t-elle m'apporter de journées d'angoisse, de souffrance et de danger ? Combien de deuils pour la France ?

- J'avais toujours espéré finir ma captivité en même temps que mon carnet, hélas ! mon carnet touche à sa fin, mais la captivité ?...

- Un prisonnier, c'est un esclave, un chien.

 

 

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