Antonin, paysan du Causse

Publié le par Olivia

Antonin, paysan du Causse
Auteur : Christian Signol
Lu par : Yves Mugler
Durée : 5 h 33
Version intégrale / livre audio
Date de publication : 30 août 2010
Editeur : Audible FR
Collection : Terroirs et Racines
Genre : Romans
 

Description (Source : Audible FR) :

Elle est là, la France profonde, la magie de la terre, la mémoire d'un peuple ! Dans ce pays des Causses et du Quercy, terre de légendes et de superstitions. Dans ce village de Bories au parler rugueux, aux senteurs profondes. Et dans le regard émerveillé de cet homme, Antonin, paysan du Causse, cet homme qui se souvient... L'enfance, le travail des champs, les fêtes, les solidarités villageoises, les veillées, les foires... Une vie, un bonheur simples et vrais. Un monde que la Grande Guerre va briser à jamais...
Le narrateur
Mon parcours vocal a débuté dans l'effervescence des radios "libres" qui fleurissaient en France au début des années 80... Jean-Luc Gallini (RMC) et Ann Sorel (France Inter) m'ont formé pendant plusieurs années aux techniques vocales de la Radio, avec une grande conscience professionnelle. Après avoir exercé mes talents d'animateur et de présentateur, je me suis consacré à la réalisation de voix off pour des programmes radiophoniques, des bandes-annonces pour la télévision, des doublages de films et un bon nombre de messages promotionnels ou publicitaires... Après un perfectionnement vocal chez Richard Cross, je me suis spécialisé dans l'interprétation de commentaires audiovisuels, de présentations multimédia et dans la narration de livres audio. En parallèle à mon activité de comédien voix off, j'anime régulièrement des stages de formation vocale destinés à des comédiens. Je me produis aussi sur scène dans le cadre de lectures publiques.
Yves Mugler

© Seghers, coll. "Mémoire Vive", 1986
© Editions Robert Laffont, 2009
© Livres Audio V.D.B., Juin 2010

 

Mon Avis :

Antonin, paysan du Causse est un roman du terroir magnifique. C'est beaucoup plus que d'entendre une histoire c'est rentrer dans l'histoire comme si, pour être présent dans ce coin de Provence, il fallait juste s'installer et écouter le lecteur nous conter cette vie d'antan.

Ce roman contient trois parties et raconte la vie d'Antonin Laforgue dès sa naissance en 1897 jusqu'à son dernier souffle en 1974 et dont le narrateur est l'auteur Christian Signol. 

Les descriptions des paysages sont profondes et détaillées, on est attiré par ces terres de légendes et de mystères où les superstitions sont nombreuses et très présentes. Comme la croyance au mauvais oeil, aux loups-garous, aux fées, aux dracs. Une des superstitions que j'ai retenue c'est qu'il fallait se méfier du premier jour d'avril car c'était ce jour là où Caïn tua son frère Abel. Il y avait de nombreuses expressions à cette époque comme celle-ci : "Femme muette n'est jamais battue", on connait ainsi les origines des fêtes, des dictions. La foi, les croyances, les prières, les moeurs et les religions étaient étroitement liées, en fait on apprend beaucoup de choses. Les femmes adultères devaient être dénoncées et frappées avec des paillades (ensemble de tiges de céréales coupées et dépouillées de leur grains). Les paysans craignaient la faim, les loups qui hantaient les contrées, la maladie et la guerre. Les mariages arrangés étaient fréquents. Pour Noël, une truffe pouvait être un cadeau. Il existait des chansons ancestrales des bergers et des bergères.

Ce qui m'a beaucoup marquée c'est le fait que pour se soigner, le médecin n'est pas sollicité tout de suite, d'abord le malade est soigné avec des plantes, ensuite s'il était jugé nécessaire on faisait venir un guérisseur. Par exemple, le père d'Antonin tomba malade et son épouse, pour le soigner, va pratiquer la divination à l'aide de feuilles afin de connaître le mal dont il souffrait, mais aussi pour connaître le nom du Saint à prier. Mais n'allant pas mieux elle va faire venir un guérisseur mais le père décédera. Ainsi, les plantes étaient aussi utilisées pour leurs vertus médicinales mais le médecin était appelé bien trop tard ou pas du tout.

Dans ce roman on se rend compte de la dureté de la vie, les guerres, la résistance, les maquisards, la fièvre aphteuse, la grippe espagnole. On est présent à l'arrivée du tracteur après la guerre, l'exode rural, l'essor industriel, la culture intensive, les procédés pour améliorer le rendement, les bras qui deviennent inutiles avec les machines, les commerçants et les artisans perdant leurs clients, l'école qui ferme, le tourisme, les résidences secondaires, la solitude, la nostalgie, l'expropriation.

Antonin va se sentir de plus en plus étranger à ce monde et va finir par être l'une des rares personnes à rester dans son village de Bories où il aimera, prendra soin et luttera pour sa terre ancestrale jusqu'au bout.

Ce roman est excellent, les dialogues sont rares mais ils sont pertinents. J'ai apprécié la pause musicale entre les différentes parties et chapitres, et les nombreuses citations en patois du causse traduites juste après, ainsi que la conclusion signée et datée de 1986 par Christian Signol, qui est fier de ses racines, né dans le Quercy dans un village au pied du Causse qui, en écrivant ce roman permettra de ne jamais oublier les anciens du Causse de Martel.

Le lecteur, Yves Mugler, a magnifiquement réussit à faire vivre ce récit, j'ai ressenti beaucoup d'émotions différentes, c'est un très bon roman du terroir.

Mon dernier mot sera ces citations :

Personne, parmi les jeunes de son âge, ne mesura ce jour là, à quel point le monde et leur vie allaient en être bouleversés. Aucun d'entre eux, en cette fin d'année 1914, ne sut qu'ils perdaient à jamais le bonheur de vivre, qu'ils entraient dans un univers dont l'horreur allait leur apprendre la désespérance avant de les tuer.

- Il finit par se persuader que tout cela ne pouvait servir à rien. Il rentrait chaque soir son petit troupeau à l'heure où le soleil se posait doucement sur les épaules de la colline. Mélanie et son enfant lui faisaient un brin de conduite sur les chemins où erraient déjà les ombres de la nuit. Il leur racontait ce qu'ils auraient fait de merveilleux ensemble et quelle aurait été leur vie.

- Plus que les injures, le mépris des jeunes l'avait blessé, c'était un peu comme si lui, Antonin, n'existait pas ou comme si son existence n'avait aucune importance. La pensée de n'être utile à personne naquit en lui, et devint aussitôt une cruelle certitude et ne le quitta plus.

 

Quelques mots sur l'auteur :

Des grandes sagas populaires (La Rivière Espérance, Les Vignes de Sainte-Colombe, Prix des Maisons de la Presse 1997...) aux uvres plus intimistes (La Grande Ile, Pourquoi le ciel est bleu, Une si belle école, Une vie de lumière et de vent...), Christian Signol est un maître de la littérature populaire, au sens le plus noble du terme, un conteur hors pair dont le succès ne se dément pas : il figure parmi les auteurs préférés des Français dans le dernier classement du Figaro littéraire.

Source : Amazon.fr

 

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