La Table d’Émeraude

Publié le par Olivia

La Table d’Émeraude
Auteur : Christo Jordanov
Editeur : Chiado Editeur
Date de publication : Novembre 2015
Nombre de pages : 260
ISBN : 978-989-51-4922-3
Collection : Voyages dans la Fiction

 

Quatrième de couverture :

Il est dans la ville de Paris, en France une tour du nom de tour Eiffel. Tous les jours, d’innombrables visiteurs montent sur cette tour et observent le paysage qui s’offre à leur vue.

Chaque visiteur a son propre angle de vision, en fonction de sa position du moment, de la position du soleil ou encore de la qualité de l’air environnant et en même temps la vue reste ce qu’elle est. Car on peut porter autant de regards différents que l’on veut sur cette vue sans pour autant qu’elle soit altérée ne serait-ce que d’un iota.

Il en est de même de la vision présentée dans La Table d’Émeraude. C’est une vision sortie du fond des âges dont notre livre se veut l’esquisse d’une reconstitution.

En ce début du XXIème siècle, les questions se rapportant au genre ont pris une importance qui n’est pas sans rappeler les temps anciens quand la remise en question du passé a conduit à la naissance de la philosophie. Dans un monde où plus rien ne semble aller de soi, l’idée que l’on a de l’essence de la vie revêt une forme tangible laissant des traces à chaque instant du présent immédiat.

Mais comment en arriverait-on à reconstituer la raison d’être de coutumes et de symboles qui se perdent dans les dédales de la préhistoire?

Quand les archéologues contemporains s’évertuent à reconstruire le passé et disent recourir à des méthodes dites scientifiques, tel le carbone 14, la datation numismatique ou textuelle, l’approximation serait apparemment de rigueur. D’autant plus qu’un objet du passé déterré dans le présent n’en reste pas moins un objet du passé, une relique car pour abolir la barrière du temps, il faut franchir le fossé entre l’original et ses copies.

La rigueur de notre esquisse épistémologique du genre est ancrée dans un présent où seul l’immatériel peut élire résidence. Et comme, en réalité rien ne peut être tout et son contraire à la fois, l’universel est soit accessible à quiconque se donne pour but de l’atteindre en s’évertuant à séparer le souffre du mercure, soit n’est pas tout simplement. Voilà pourquoi la vue de la tour Eiffel n’appartient à personne en particulier, mais appartient à tous ceux qui montent à l’un de ses trois étages pour voir.

 

Mon Avis :

LA TABLE D'ÉMERAUDE est un conte philosophique mariant périples, aventures, voyages et rencontres. C’est un ouvrage complexe comprenant de nombreux dialogues pertinents et bien dosés. Le récit se développe en quatre parties : L’Atterrissage, Le Café de la Paix, La Taverne et Le Sabbat des Sorcières.

L’auteur Christo Jordanov nous invite au voyage philosophique qu'il raconte à la manière d’un conte avec un style plutôt dynamique.

Ce roman commence par deux personnages du ciel conversant au sujet de la Terre. L’un deux devient un envoyé des dieux voyageant entre les Cieux et la Terre et devant déchiffrer tous les secrets de la nature humaine.

C’est à la suite d’un rêve que la vie de Marin Dimitrov va littéralement changer. Dans son appartement, un fauteuil détérioré, des tas de vêtements couverts de poussière sont le quotidien visuel de cet homme.

Marin est une personne énigmatique dont le passé et le présent l’effraient mais également l’avenir dont il n’arrive pas du tout à faire de projection.

Il se proclame psychanalyste et contre toute attente grâce à sa dernière annonce, reçoit un appel d’un inconnu, se présentant comme un client ayant besoin de ses services.
Marin se demande par moment si cet inconnu n’est pas capable de lire dans ses pensées.

Il s’en suit une étrange et mystérieuse rencontre avec cet inconnu bizarre qui se fait appeler De St-Germain.
Et voilà Marin, emporté vers la réflexion sur la nature de l’amour avec De St-Germain enquêtant sur Terre à la recherche de témoignages et de découvertes pour tenter de résoudre des énigmes telles que le désir de reproduction, l’état de la conscience face aux fantasmes et à la réalité provoquant les illusions et les désillusions…

Ensuite d’autres questions vont surgir comme l’égalité de l’homme et de la femme et bien d’autres encore. En fait, il est question de thèses sur les contraintes, l’amour et le code des formes invisibles. Il sera fait mention également d’élixir, de filtres d’amour et d’alchimie. La fin du récit est vraiment surprenante.

Ce roman m’a très vite conquise, et je vous invite à explorer ce conte philosophique qui m’a intriguée et qui nous interroge sur les forces invisibles quelquefois étranges qui nous entourent. C’est comme un extraordinaire tableau que l’auteur aurait peint sur l’exploration des origines de la vie.

Comme dernier mot, je choisis deux citations :

« C’est l’éternel futur qui à l’approche du jour se réduit aussitôt en poussière. »

« Ce qui est en haut est invisible alors que ce qui est en bas est visible. C’est que d’un côté il y a l’original et de l’autre la copie. »

 

Un petit mot sur l'auteur : 

L’auteur est né à Sofia en Bulgarie en 1960 réside à l’heure actuelle à Montréal, au Canada. Il a dû vivre dans plusieurs pays différents dès l’enfance et à la suite de ce parcours parsemé de changements, il a tout naturellement été confronté aux questions de l’identité et des origines. Après avoir fréquenté plusieurs universités, (Sofia, Paris VIII, Concordia, Mtl, Univ. de Montréal.) il a continué ses recherches sur ces mêmes questions et tout au long du chemin parcouru, il a acquis la ferme conviction que seul l’esprit de synthèse serait en mesure de situer l’un dans le multiple sur ce vaste domino qu’est la nature humaine.

Tout comme la division omniprésente entre sujet et objet est un fait incontournable de la réalité, il en est de même des origines. On ne peut pas modifier ses origines, on peut seulement les renier ou les suivre. Et encore, plus on avance sur ce chemin en réalité intemporel des origines, plus la tension au fond toute naturelle entre l’individuel et l'universel, tel l’élixir de vie évoqué dans La Table d’Émeraude, est transmutée en harmonie et consistance.

Auteur aussi d’un livre en anglais (1) sur un tout autre sujet, l’économie politique et l’histoire de la finance, Christo Jordanov a redécouvert une fois encore la validité de l’esprit de la Renaissance qui notamment avec le Corpus Hermeticum réaffirme la perception archaïque et en même temps intemporelle- ce qui est en haut est comme ce qui est en bas- dans un univers où seules les lois de la conscience sont de nature à franchir les obstacles sur le chemin de la vérité.


(1) Twenty tales on the political economy of quality, Krum Stefanov alias Christo Jordanov Numen books, 2012 Australia

Source : Site de l'éditeur.

Commenter cet article

Griboulette 04/01/2016 21:40

j'aurai une questions quand est ce que tu met en ligne le resultat du concours ??

Olivia 07/01/2016 16:12

Il est sur ma page facebook, bonne journée

Afternoon Tea 24/12/2015 07:24

Coucou
Un petit bisous avant de me mettre moi aussi dernière les fourneaux. Je te souhaite un Joyeux Noël et profite bien de ce moment magique avec les personnes que tu aimes. Gros bisous

Olivia 26/12/2015 20:05

Je te remercie, c'est très gentil, je te souhaite un bon weekend et de bonnes fêtes de fin d'année. Gros bisous

Griboulette 18/12/2015 22:04

ooou j'ai hâte de le lire!!

Olivia 19/12/2015 15:29

Merci bon weekend et bonnes lectures